Le parc national du durmitor

PARTIE I – SEPTEMbre 2019

Zabljak – camping Mlinski Potok

Nous quittons le monastère d’Ostrog après une pause déjeuner à Niksic, direction le 2 nd parc national sur notre route. Le parc national du Durmitor est le 1er parc du pays et est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

La route est belle. On traverse des plaines et pâturages où moutons et vaches sont en liberté. Peu de constructions, si ce n’est en arrivant à Zabljak (1 450m d’alt), station de ski l’hiver et départ de randonnées en été. D’ailleurs à notre arrivée, la température a bien chuté. La ville n’a que peu d’attraits comme toutes les stations de ski, mais on y mange très bien, ce que nous découvrirons plus tard.

Visite au point info tourisme. On nous renseigne sur le parc, les campings et le droit d’entrée (3€/per/jour). Puis, quand on veut avoir des informations sur les randos, la dame débite son bla-bla appris par coeur : tout est indiqué sur la carte, tout est ouvert, aucune difficulté nulle part, etc. Nous achetons la carte du parc avec sentiers de randonnée (4€). Là encore pas de date d’édition, on verra bien !

2 campings au pied des sentiers. Nous optons pour le camping Mlinski Potok. Aïe ! le camping façon rang d’oignon, vans et camping-cars en touche à touche, sur 2 niveaux, le 3è niveau étant réservé aux toiles de tente. Le point positif : douches chaudes, wc, une grande cuisine équipée et un réfectoire avec de grandes tables pour manger (le tout pour 11€ la nuit). Jérôme va réserver d’abord pour 3 nuits et se réchauffera d’un coup de raki, l’eau de vie locale.

Au camping Mlinski Potok

Du camping, nous avons vu sur une partie du massif du Durmitor. Nous dînons dehors en profitant du coucher du soleil sur les montagnes.

Mont Meded – phase 1

La veille, nous avions repéré une randonnée qui permet de faire une boucle. Lever très matinal. Nous n’avons pas de ticket d’entrée. Nous verrons bien si nous rencontrons un garde forestier sur le chemin. 7h30 – il n’y a pas grand monde ; nous arrivons au Lac noir – Crno Jezero, le plus célèbre des nombreux lacs glaciaires. On comprend pourquoi : une eau d’une belle couleur oscillant entre l’émeraude et le bleu, dans un écrin de verdure, reflétant le Mont Meded (pic de l’Ours – 2287m alt.). Nous serons accompagnés par 2 chiens dont un qui fera toute la marche avec nous.

La randonnée commence par une ascension dans la forêt. Au 1er croisement, après 1h de montée, nous avons le choix entre la sentier vers le Mont Savina kuk (station de ski) ou le Mont Meded. Nous continuons l’ascension et arrivons à un 2d croisement qui permet soit de se diriger vers le glacier et le refuge à ses pieds, soit vers le Mont Meded.

Après quelques mètres, un autre croisement où, d’après la carte, le 2d sentier serait plus accessible. Mal nous en a pris, assez rapidement le balisage s’efface, il faut le deviner plus ou moins. On se retrouve coller à la pente dans les hautes herbes bien glissantes. Et quasi arrivés plus de balisage ou de sentier, juste la roche. N’étant pas super rassurés, on décide d’abandonner et de faire demi-tour.

Malgré la déception, nous avons profité de ce paysage sauvage et nature. En regardant plus attentivement la carte, nous voyons que la dernière partie de la rando (là où nous avons fait demi-tour) monte tout droit , perpendiculairement aux courbes de dénivelé. On était donc prévenu que ça allait grimper sec.

Nous arrivons aux abords du Lac noir. Beaucoup de touristes, déversés par les cars, déambulent près du lac. Notre sieste est gâchée par 4 touristes excités à prendre, très longuement et bruyamment, des selfies dans des poses incroyables.

On décide de faire le tour du lac. Jolie balade d’environ 1h (3,6km). On se rend compte qu’une partie du lac est asséchée. Et oui, c’est un lac glaciaire qui n’est pas alimenté par une source mais uniquement par la fonte des neiges. Et en septembre, forcément, il n’y a plus beaucoup d’eau.

Pierre du souvenir prés du Lac Noir

Nous croisons un couple de Français cherchant leur chemin. Ils nous avouent leur perplexité vis à vis des cartes monténégrines : les indications portées sont différentes de celles sur le terrain. Nous tombons rapidement d’accord.

Apéro et décision de prendre un autre sentier pour accéder au Mont Meded.

Mont Meded – phase 2

5h45 lever et départ 1h20 plus tard. Toujours pas de garde de forestier, toujours pas de ticket d’entrée au parc. Cette fois-ci, nous prenons le sentier qui longe le lac Noir 100m au-dessus et qui mène, après un long chemin, au Bobotov Kuk, point culminant du parc du Durmitor. Là encore, nous arrivons à un courbement après une marche d’approche dans la forêt. Ce coup-ci, pas de chiens pour nous suivre.

Nous sommes au pied de la belle ascension qui nous attend sagement et déjà on se dit : « pétard ! ça va être coton ! » Avec les dernières pluies, ça glisse bien. Le sentier est là très bien balisé et marqué. Au moment de passer un verrou bien casse-gueule, un randonneur suisse nous double et emprunte ce passage aérien sans ralentir. Il a quand même pris le temps de nous aider à ranger nos bâtons de randonnée. Crotte ! rien n’indiquait qu’il y avait un verrou à emprunter à cet endroit précis. Je suis déjà passée et Jérôme finit tant que bien mal à monter malgré le vertige qui le saisit.

On continue l’ascension qui se révèle de plus en plus ardue. Au bout de 30mn, on décide de faire demi-tour, la montée étant de plus en plus galère et hard ! Nous aurons quand même une très belle vue plongeante sur le Lac Noir – « Crno Jezero ». Arrêt sur une petite plateforme pour déjeuner. Sur le chemin du retour, le randonneur (alpiniste plutôt) suisse nous rattrape. Il nous indique que nous n’étions pas loin du sommet.

Lui-même n’a pas parcouru la ligne de crêtes, pourtant équipée d’une ligne de vie, menant au 2nd sommet parce qu’avec la brume bloquée sur les sommets, il ne le sentait pas. Bon ben pas de regrets, c’est clairement pas pour nous !

Arrivés au camping, nous lâchons nos sacs à dos pour un tour à Zabljak à la recherche d’une bière bien méritée. À notre retour, je discute avec un couple d’autrichiens de Salzbourg en train de trier des champignons – des girolles notamment, tous justes ramassés et certifiés bio ! Pour le coup, je repars avec une belle bolée de girolles. Ce soir on sait de quoi sera fait notre dîner. Un régal !

Le glacier « Debeli Namet » et notre rescapé kazakhstan

Encore un lever matinal mais le temps est couvert. On se recouche. 2 heures plus tard, le ciel bleu et le soleil sont au rdv. Le camping est totalement réveillé. Aujourd’hui, nous avons choisi de nous rendre au glacier.
Au lac Noir, nous tombons sur un garde du parc : nous payons les droits d’entrée pour la journée. Nous comprenons pourquoi nous n’en avions pas encore vu : nous partions bien plus tôt.

Vers le Mont Meded

Comme on connaît déjà la 1ère partie du sentier, ça va très vite. Par contre j’ai des courbatures et des muscles oubliés qui se rappellent à moi. Pause grignote, j’en profite pour observer les alentours avec les jumelles et j’aperçois un groupe en train de grimper le Mont Meded. Hum ! déjà il est évident que ce sentier est plus aisé, bien que pentu, et surtout ce n’est pas du tout celui que nous avions pris. On a la rage et un peu jaloux d’avoir manqué le coche. Mais heureusement cela ne dure pas, même si nous ne sommes pas arrivés au bout, nous avons bien profité du panorama. Des drones bourdonnent autour des sommets.

Nous continuons le chemin qui longe le massif vers le refuge non gardé. Nous y croisons un jeune randonneur qui souhaite rejoindre le sommet en face qui donne sur la station de ski. D’après une carte trouvée on ne sait où sur son portable, il y aurait un sentier qui remonte dans la moraine. Mais d’après notre carte papier et Maps.me, il n’y a rien ou alors il faut être un très bon alpiniste, ce qui n’est pas son cas. Il semble abandonner l’idée et continuer son chemin.

Au même moment, j’aperçois un randonneur dans la moraine en face qui semble descendre dudit sommet le « Savin Kuk ». Au début, on pense que c’est un sacré alpiniste qui les a bien accrochés. Mais très vite on se rend compte que ce n’est pas un habitué, il tâtonne, glisse et ne semble pas du tout à l’aise.

Laurence et Damir enfin arrivé parmi nous

Pour le coup nous le surveillons du coin de l’oeil jusqu’à l’arrivée au refuge. Pendant que Jérôme se rend au glacier, j’observe notre marcheur avec les jumelles, attentive à la moindre chute. Il finira par nous rejoindre exténué et très ému. Damir nous explique avoir fait l’ascension du Savin Kuk ce matin par la station de ski qui est assez facile.

Il a commencé à emprunter ce qui ressemblait à un début de sentier mais a glissé, entraîné par son sac à dos. Il a réussi à s’arrêter grâce à des rochers. Ne pouvant pas remonter, il a continué dans la moraine…en jean et basket, sans eau et juste une pomme. Nous lui offrons à boire et à manger et prenons le temps de discuter avec lui. Après un peu de repos, il nous demande si nous sommes ok pour le raccompagner dans la descente, ce que nous acceptons évidemment.

Nous prenons quelques minutes pour faire un tour dans le petit refuge rouge non gardé et profiter du panorama.

C’est très beau et ça nous rappelle de chouettes souvenirs dans les cabanes et refuges des Pyrénées.

Pendant la descente au retour vers le lac Noir, nous discutons à bâtons rompus avec Damir. Nous apprenons qu’il voyage beaucoup et qu’il est déjà venu en France (Annecy, Grenoble, Chamonix et Paris bien sûr). Il nous parle des difficultés à communiquer via les réseaux sociaux en toute liberté en Russie, de ses amis et de sa famille, notamment de sa maman qui va faire une syncope quand elle apprendra ce qu’il lui est arrivé 🤪.Nous le quittons au pied du Lac noir, il a de plus en plus de mal à marcher et à tenir debout. Il est temps pour lui de prendre du repos.

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