Ulcinj

Après le lac Skadar, nous avons visité tous les parcs nationaux monténégrins. C’était le but de notre voyage, le fil rouge du périple. Pour aller jusqu’au bout de l’idée, il aurait fallu également visiter les parcs régionaux, magnifiques eux aussi, semble-t-il.
Où aller maintenant ?
Quoi que nous décidions, il faut aller vers la côte. Ah, la côte : ses températures clémentes, son ambiance méditerranéenne et aussi sa foule et ses prix surévalués.
Quand nous sommes indécis, nous nous réfugions sur Internet, cherchant la solution parfaite, que nous ne trouverons jamais.

Une ville permettrait peut-être un retour en douceur vers la civilisation. Il s’agit d’Ulcinj. Elle se situe sur la côte , dans le sud du pays, toute proche de la frontière albanaise, à côté de salines (réserve ornithologique) et de grandes plages pleines de touristes (ou ce qu’il en reste en ces premiers jours d’octobre).

C’est une des plus anciennes villes de l’Adriatique et la présence humaine remonte à l’âge de bronze. Aujourd’hui, avec son agglomération, c’est une ville de 20 000 habitants dont la majorité est d’origine albanaise. Ulcinj est connue pour ses nombreuses mosquées et comme station balnéaire attirant les vacanciers à la recherche de calme et de locations bon marché.

Attablés devant des calamars aux légumes grillées et une pizza qui nous occuperont un long moment, nous surplombons un rond-point du boulevard Derd Kastrioti Skenderberg. Nous y observons les habitudes des conducteurs. Les Monténégrins ne sont pas des furieux de la vitesse, mais de grands utilisateurs du klaxon, accessoire décidément efficace pour informer la voiture d’en face que l’on va rouler sur 50 mètres à contre-sens pour trouver une place de stationnement, où on se garera … en double file. Plus forts encore, les conducteurs de scooters téléphonent ou textotent.

Chambres à louer

Les propositions de location d’appartements sont nombreuses. Les panneaux informent le passant dans toutes les langues utiles : apartments / rooms, sobe , dhoma, zimmer (anglais / bosniaque / albanais / allemand).

Nous atteignons la plage d’Ulcinj (Malaza Plaza) et retrouvons la mer. Ça, c’est toujours un plaisir. Cette petite plage, encaissée par deux avancées rocheuses, a des allures de crique, l’eau est bleue, les vagues toutes douces. La Méditerranée, c’est quand même magnifique. Aussi magnifique que son littoral est bétonné par des constructions à l’architecture douteuse.

Vue sur la plage Malaza Plaza

Nous avons loué un studio pour deux nuits afin de ne pas être coincés dans le van pendant une journée complète de pluie. Les prix de la location est inférieur au tarif d’un camping, pourquoi s’en priver ?
Notre chambre – studio dispose d’une grande baie vitrée, de la climatisation et une couverture léopard (ça existe encore ?) orne le lit. Le grand luxe ? Pas forcément : il faut bricoler la moustiquaire pour qu’elle tienne et nous percevons très nettement le bruit de la porte d’entrée automatique. On peut compter les locataires qui entrent ou sortent. Mais le WiFi est performant. Que demander de plus ?

Appartement Ulcinj

Le lendemain, nous allons visiter la vieille ville. En passant sur un pont, nous apercevons des carrelets, certains récents, d’autres semblant vouloir s’effondrer à tout moment.

La vieille ville (Stari Grad)

Au pied du petit port, vers la cale de mise à l’eau où des adolescents plongent, une route grimpe vers les remparts de la vieille ville. Nous dépassons un groupe de Français haletant dans la montée et nous pénétrons dans l’enceinte de la ville par une ancienne porte fortifiée.

Vue des remparts de la vieille ville

On flâne, les lieux s’y prêtent si bien.
Un dédale de ruelles calmes partent en tous sens pour se rejoindre plus loin. Chacune d’entre elles possède son resto ou son bar. Ces vénérables rues ont été rénovées car un tremblement de terre en 1979 les a passablement abîmées. Une terrasse en pierres de taille et sa vue sur la mer semble un parfait endroit pour boire un café. C’est privé. Dommage !

Nous tentons de prendre des photos des porches ou des volets. Le manque de recul pour le cadrage, la grande différence de luminosité entre le ciel clair et les rues sombres, obligent à des contorsions pour un résultat … discutable.

Le musée des remparts de la vieille ville

Une partie des remparts a été aménagé pour recevoir un musée.
Nous commençons par des salles aux voûtes en cul-de-poule fermées par des grilles. On y voit un ensemble hétéroclite trouvé lors des explorations archéologiques des années 60 (boulets de canon, fragments de colonnade, amphores, …)

Une esplanade offre ensuite une belle vue sur les quartiers proches.
Les salles d’un bâtiment de deux étages (ancienne tour de garde ?) sont utilisées pour une exposition d’œuvres d’artistes contemporains monténégrins et albanais (qui est l’artiste K. Hoti avec ses toiles colorées ?) ainsi qu’une belle exposition de photographes célèbres dans les années 1910 – 1930.

Dans un autre bâtiment, une exposition dans la grande tradition des musées d’arts et traditions populaires : habits (vêtements pour le quotidien ou pour les grand événements), armes à feu, d’outils ou d’ustensiles pour l’agriculture.
Pour les hommes, la grande bande d’étoffe qui tenait lieu de ceinture semblait très pratique pour y glisser une arme ou un coutelas. La guérilla contre les Turcs fut une des occupations majeure des hommes.

À la sortie du musée, un escalier descend à la terrasse d’un restaurant avec une vue magnifique sur la mer. Le patron nous montre là, juste en dessous de nous, où pêche son filet. Il va le relever deux fois par jour, gage de fraîcheur de ses produits. Nous déjeunons d’un excellent poisson grillé. Des chats très entreprenants tournent autour des tables. Le patron prête aux clients des pistolets à eau pour les tenir à l’écart. On hésite d’abord un peu (pauvres bêtes, à bout portant…) mais quand un chat tend sa patte vers notre assiette, on ne rigole plus, on asperge. Nous terminons notre repas dans le calme. Un café (délicieux Turkish café), l’addition (qui tue : la vue de la terrasse se paie, forcément) et nous repartons en van pour la ville de Budva, notre toute dernière étape.

Poisson grillé (sans chat)

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