trekking à santo antao – partie 3 et fin

jour 6

De Ribeira da Torre à Pico da Cruz ; Durée de marche estimée : 5h30 ; D+ 1150 m / D- 150 m

Particularité du petit-déjeuner de ce jour : pleins de gâteaux proposés : coco, cassonade, beignets et quatre-quarts. Fatima nous donne des morceaux de canne à sucre et nous souhaite bonne marche. Il est 8 heures, les paysans sont déjà dans les champs.


Nous devons grimper vers la ligne de crête pendant deux bonnes heures, sans trop se poser de question. Toutefois, l’effort est récompensé puisque le panorama y est magnifique. Les mimosas et les pins des Canaries, que le gouvernement fait replanter pour lutter contre l’érosion, apportent une ombre et des senteurs appréciables.

Nous arrivons ensuite au cratère de Cova, par la route de la Corde. Le cratère n’est plus du tout menaçant. Il est utilisé pour des cultures. Le « View Point » est un peu en hauteur par rapport au cratère et un petit bar propose des tables ombragées et des canettes fraiches. Des visiteurs remontent dans des voitures climatisées alors que nous reprenons notre marche sous le soleil déjà brulant. Mis à part un taxi passant environ toutes les demi-heures, la route pavée nous appartient.

La route prend de l’altitude, et dans un virage, nous tombons sur un autre point de vue, désert, avec sa table et son parasol. L’endroit est idéal pour la pause déjeuner et la salade préparée par Fatima tombe à point. Cependant, comme tous les jours, les quantités sont trop importantes. En dessert, nous mordillons les bouts de canne pour en extraire le jus délicatement sucré et rafraîchissant.

PICO DA CRUZ

Pico da Cruz est maintenant toute proche. Des enfants de retour de l’école veulent échanger, nous aussi. Mais, les dix mots de vocabulaire en commun ne permettent pas des conversations très longues. À défaut de se comprendre, on se sourit, c’est un langage universel.

Nous logeons chez Manuela, mais elle est à Mindelo, alors c’est Maria qui nous reçoit. Le gîte est particulier : c’est un grand espace avec un salon, deux dortoirs et une salle de bain. La douche a un petit débit, comme toujours. L’eau est froide, comme toujours. La lunette des toilettes est mal fixée, comme toujours 😉 . Il faut demander du papier toilette, comme souvent. Dans ces séjours « chez l’habitant », nous bénéficions certainement d’un confort dont les propriétaires ne profitent pas, ou du moins, pas quand ils reçoivent des clients.

Avant de dîner, nous marchons un peu dans Pico Da Cruz. Dans un bâtiment abritant la fontaine municipale, des habitantes (quelques hommes sont présents aussi), remplissent des bidons de vingt litres qu’elles transporteront posés sur leur tête. Avec les bras libres, elles peuvent porter autre chose, comme un fagot de bois par exemple.

Un peu plus loin, des ados jouent au foot-trail : il s’agit d’un match de foot à trois contre trois, avec de petits buts sur un terrain nu sableux. Dés que le ballon sort du terrain et dévale la pente, un joueur lui court après à travers les fourrés, remonte toujours en courant, et le match reprend.

Le dîner est encore copieux : poissons, poulet et, bien sûr, les légumes. Après le repas, nous sommes encore au lit très tôt. Levés et couchés avec le soleil, c’est finalement suivre le rythme naturel.

Jour 7

Pico Da Cruz à Paul ; Durée de marche estimée : 5h30 ; D+ 150 m / D- 1300 m. Après le petit-déjeuner, Maria nous donne nos boîtes remplies à ras bord de salade pour le midi. Nous la remercions pour son accueil et nous reprenons notre chemin. C’est le dernier jour de marche.

La descente

Nous empruntons une partie de l’itinéraire d’hier, puis, nous bifurquons par un sentier qui dégringole vers la vallée de Paul. La pente est forte, les cuisses et les genoux travaillent et il y a quelques passages redoutables pour ceux qui souffrent du vertige. Enfin, la pente s’adoucit et l’on profite sans réserve du panorama. Le vert profond de plantations de haricots accrochées au versant tranche magnifiquement avec la couleur de la roche. Que cet endroit est difficile d’accès !

La vallée de Paul

Environ deux heures plus tard, la pente se radoucit encore. Nous sommes dans les hauteurs de la vallée de Paul. Devant nous s’étalent des cultures de bananiers, caféiers, canne à sucre, manioc, … Ah tiens, revoici des randonneurs ! À Santo Antão, c’est LA vallée qu’il faut visiter et les agences y proposent donc toute sorte de tours, à pied ou en taxi.


Une maison propose des cafés et des boissons aux marcheurs. Ce bar est composé de deux abris en bois, posés sur un éperon rocheux. C’est là que, protégés du soleil et sirotant nos boissons, nous profitons d’une vue exceptionnelle.

Impossible de se perdre maintenant : le chemin balisé mène à la route qui redescend vers l’océan et la ville de Paul. La proximité d’une grande ville, des touristes nombreux, le changement est frappant avec l’ambiance des premiers jours.

PAUL

Nous marchons à présent sur le bord de la route assez passante, avec ses ralentisseurs et ses panneaux indicateurs. Il y a des épiceries, des garages automobiles, des coiffeurs, des gîtes et des hôtels à l’architecture discutable, des chauffeurs qui proposent leurs services pour maintenant ou plus tard, c’est le client qui décide.


C’est la fin

Nous arrivons à Vilas das Pombas, chez Ze Branco, notre hôte pour ce soir. Sa maison nous offre le grand luxe : chambre spacieuse avec salle de bain privative, un balcon et … du WiFi !

Chambre hôtel - Cap Vert

À l’heure de l’apéro, Ze Branco nous installe dans le jardin et nous fait déguster 3 productions locales : un grogue, un punch et de la mélasse. Il parle parfaitement français, a fait ses études en Côte d’Ivoire, en Chine et au Brésil et supervise des constructions de route et de tunnel. Le Cap-Vert, nous explique-t-il, sort lentement d’une période très difficile. L’épidémie de Covid a stoppé la venue des touristes et la guerre en Ukraine a engendré une inflation conséquente. En 2022, les chiffres d’affluence sont encore inférieurs de moitié à ce qu’ils étaient en 2019.


Après le dîner, dans notre grande chambre au confort inattendu, nous repensons à tous les pas nécessaires, les canyons et cols à passer qu’il a fallu pour arriver là. Demain, un taxi nous déposera à Tarrafal de Monte Trigo au Sud ouest de l’île.