Le guide touristique décrit la presqu’île de Snaefellnes comme un condensé d’Islande, injustement délaissée par les touristes. Nous nous rendons à Hellissandur (les grottes de sable) dans la région undir Jökli (sous le glacier puisqu’il est, comme l’océan, omniprésent dans le paysage.)
Hellisandur
Nous explorons la ville. Le tour en est vite fait. La ville met en avant la culture, ainsi nous tombons sur plusieurs fresques murales et des sculptures. Nous décidons de rejoindre la mer en coupant par un champ. Immédiatement, les sternes qui y nichaient nous survolent et frôlent de plus en plus près nos têtes. Nous battons en retraite.


Le camping d’Olafsvik
Le camping propose des emplacements herbeux. Lorsqu’on regarde le glacier, on aperçoit surtout les nuages accrochés au sommet, qui ne se disperseront pas pendant les quatre jours de notre séjour. Le camping dispose de douches gratuites et d’une grande table abritée idéale en cas de pluie. La petite cuisine équipée (et chauffée) est vite remplie aux heures des repas ou lorsque le temps est pluvieux.
Le musée maritime
Comment s’occuper quand il pleut sans discontinuer ? Le musée maritime et son salon de thé semblent un bon choix.
Le musée est composé de 3 salles et d’une exposition extérieure. Des présentoirs exposent des photos, des panneaux explicatifs et des répliques réalistes des principaux poissons de la côte, rappelant que cette presqu’île fut jadis la plus célèbre zone de pêche d’Islande.



En hiver, les travailleurs journaliers, libérés des tâches agricoles, se faisaient enrôler comme pêcheurs.
Par équipage de 4 à 6, ils embarquaient dans des barques non pontées pour des sorties à la journée. Les eaux étaient poissonneuses et les prises assurées, mais les naufrages fréquents. La période de pêche durait jusqu’à mars. Leurs conditions de vie étaient rudes : ils étaient éloignés de leur famille et dormaient parfois dans des abris de fortune .
Au début du 20ème siècle, les navires se dotèrent de moteur à vapeur et leur taille augmenta. Les zones de pêche côtières furent désertées.
La morue
La pêche était variée : haddock, lieu, flétan et lampes au printemps. Mais, la star des poissons, c’est la morue (ou cabillaud). C’est elle qui assura les plus importants revenus. Pendant des siècles, les bateaux de toute l’Europe du Nord naviguaient vers les eaux islandaises pour pêcher ce poisson qui, une fois séché, pouvait être exporté sur de longues distances. La morue devint une icône, à tel point qu’elle figura sur les armoiries de l’Islande jusqu’en 1904. Une guerre larvée, sans bataille, mais pas sans mort, se déroula pendant 500 ans. L’Islande défendait ses eaux territoriales tandis que les autres pays voulaient conserver leurs zones de pêche. Cette guerre prit fin en 1976, après une ultime confrontation entre les gardes côtes islandais et les navires de la Royal Navy.

Le lendemain matin, la pluie a enfin cessé. Comme le vent a forci dans la nuit, la tente de toit est trempée, le matelas est mouillé, nos sacs de couchage aussi. Il nous faut tout faire sécher.
Le glacier Snaefellsjkull
La route F575 monte vers le glacier. On peut emprunter la voiture jusqu’à ce qu’un panneau indique impassable, puis on continue à pied. La randonnée se fait sans difficulté technique, mais on se surprend à respirer plus vite. Peut-être est-ce dû à l’effort ou à l’augmentation d’altitude ? Ce n’est pas le soleil qui chauffe puisqu’il est caché par les nuages de plus en plus épais à l’approche du glacier. Le vent est toujours plus froid. La végétation disparaît, c’est maintenant le monde du minéral et de la glace. Nous faisons quelques pas sur le glacier, mais rapidement, les plaques de neige et de glace imposent un équipement spécial que nous n’avons pas.



L’horizon se dégage l’espace d’un instant, puis un banc de brume surgit et masque tout. On prête au glacier un pouvoir mystique : il serait le domaine des fées, des trolls et du dieu Bárdur Snæfellsás, le gardien spirituel de la péninsule de Snæfellsnes. Dans son roman Voyage au centre de la terre, Jules Verne y situe même l’entrée vers le centre de la Terre. Dans cette ambiance particulière où les repères sont flous, une rencontre surnaturelle est possible. Un petit lac rappelle que le glacier fond un peu plus chaque année. Les guides ferment boutique les uns après les autres.
Les randonnées
À 1 ou 2 km à vol d’oiseau du camping, des chemins faciles bien balisés par des pieux de bois au bout peint en rouge permettent de découvrir ces paysages volcaniques. Nous découvrons de petits cratères, des tranchées rectilignes où le sol a explosé sous la pression de la lave ou des entrées de tunnels de lave où poussent des fougères.



Les nuages jouent avec le soleil, la lumière et l’ambiance changent en 5 minutes. Un chemin monte le long d’un torrent plutôt sage. Tout à coup, le vent soulève des gouttes d’eau et un petit arc-en-ciel se créé à trois mètres du sol, uniquement pour nous.



Londrånar Cliffs
Aux falaises de Londrånar, on peut observer des dizaines d’espèces d’oiseaux différentes. Chacun a son étage, on ne se mélange pas. Il y a beaucoup (trop) de mouettes, mais on peut observer des guillemots, des fous de bassan, des petits pingouins ou des fulmars.


