Du Lac Pukaki au Mont Cook

ILE DU SUD – 09/2018

Nous longeons le Lac Pukaki, lui aussi de cette couleur bleue étonnante et continuons vers le fond de la vallée au milieu des montagnes, sans habitation, avec seulement les moutons ou les vaches. Arrivés au village de Mont Cook, nous passons au centre du parc du D.O.C (Department of Conservation) pour obtenir des informations sur ce qu’il est possible de faire sans équipement, au vu de l’état d’enneigement. Au final, nous pouvons quasiment tout faire.

Nous réglons directement nos 2 nuits au camping dépendant du D.O.C et nous profitons de l’exposition retraçant l’histoire du Mt Cook, de l’arrivée des premiers Maoris à nos jours, en passant par les tentatives d’escalades (compliquées) et la création de la communauté des guides. Ce lieu est bien entendu sacré pour les Maoris (la montagne est le lien entre les dieux et les hommes) et ils l’ont nommé Aoraki (le nuage dans le ciel). 

Pour en profiter un peu, nous resterons 3 jours au camping «White Horse Hill Campground», proche du village et au pied des sentiers de randonnée. Il est équipé de toilettes, d’une grande cuisine avec éviers, tables et bancs, mais pas de douche ni d’électricité par contre.

Kea Point

Après un déjeuner rapide, nous commençons par une balade tranquille qui nous emmène au Kea Point (40mn AR depuis le camping). Le sentier traverse en douceur prairies et broussailles encore enneigées. Nous arrivons au point de vue qui donne sur le Lac Mueller et la moraine qui le domine. Au loin, nous apercevons le pic du Mont Cook (3593m alt. – pic du bas). De l’autre côté du versant, on devrait voir le pic du haut qui culmine à 3724m alt.

Ce matin, j’apprends une triste nouvelle : ma grand-mère maternelle est décédée. C’est bizarre d’apprendre ce type de nouvelle tout en étant à des milliers de km. J’oscille entre la tristesse de cet événement et l’émerveillement devant le site où nous nous trouvons. Ça fait un peu schizo!

Glacier Hooker

Départ pour la vallée Hooker et son glacier. Le chemin passe par des prairies et des broussailles, comme toujours. Il longe et traverse parfois la rivière. Il faut emprunter de longs ponts suspendus assez impressionnants. C’est géant ! Beaucoup de monde sur ce sentier mythique (3h AR), très facile.

Au bout d’1h20, nous arrivons en vue du Lac Hooker et du glacier du même nom. Il est d’une jolie couleur de jade. De minis icebergs flottent à sa surface. C’est la 1ère fois que nous en voyons. Au bout du lac, le glacier Hooker qui comme nombre de glaciers du monde, a énormément reculé suite au réchauffement climatique. On se dit chanceux car on sait très bien que si nous revenons en Nouvelle Zélande dans 5 ou 10 ans, la plupart de ces glaciers aura disparu. 

Le soleil chauffe le van une dernière fois puis disparaît derrières les montagnes. Nous sortons les grosses chaussettes et les polaires. Cette nuit, les températures chutent à -3°C. Il a gelé à l’intérieur du van. La veille au soir, nous étions admiratifs d’une groupe de jeunes femmes se préparant à dormir sous des tentes. Dans la nuit, vers 4h du matin, alors que je passais par les toilettes, je les revois dans la cuisine à boire des boissons chaudes. Pour elles, la nuit fut brève.

Red Tarns

Au matin, le ciel bleu et le soleil sont au rdv et permettent de se réchauffer. Nous décidons d’aller voir les étangs Red Tarns et d’enchaîner avec le Lac Tasman. La montée aux Red Tarns se révèle plus ardue que prévue : que des marches sur 300m D+.

Dur pour les muscles refroidis par la gelée de cette nuit. Mais cette ascension est payante. Magnifique vue plongeante sur la vallée et le village, les montagnes en face et notamment le Mt Cook, bien visible dans le ciel dégagé. Un régal pour les yeux. À la descente, nous assistons à quelques petites avalanches. C’est le printemps et il fait de plus en plus chaud.

Vue sur Mont Cook Village et sa vallée

Quant aux Red Tarns, heureusement qu’un panneau nous indique de quoi il s’agit, car avec la neige, impossible de profiter de ces petits étangs rouges qui doivent leur couleur à une plante de montagne. Il faudra revenir en été.

Les Red Tarns

Lac Tasman

Retour au van et direction le Lac Tasman. Nous pique-niquons dehors sur une grande table en bois. Nous grimpons ensuite les marches qui mènent au-dessus de la moraine. Elle domine le Lac Tasman, parsemé d’icebergs. 

Au fond se détache le glacier Tasman. Jérôme a très envie de se rapprocher du glacier. Pour se faire on commence à emprunter la piste à 4×4 qui longe le lac et mène au refuge. Mais dès le départ, un panneau nous alerte sur les risques d’avalanche. Il fait chaud aujourd’hui et plus on avance, plus on distingue les couloirs d’avalanches au-dessus de nos têtes. On décide de rebrousser chemin.

À notre retour, nous prenons un autre sentier qui permet de marcher sur la moraine en contrebas. C’est d’ailleurs le point de départ des excursions en bateau pour les touristes qui souhaitent observer les icebergs et le glacier. Ce qui nous aura frappé dans cette région du Mont Cook, c’est l’immensité et la majestuosité des lieux, le silence, la présence minimaliste des habitants.

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