Bay of Plenty – Whakatane et White Island

ILE DU NORD -08/2018

Il fait de plus en plus froid à Rotorua et apparemment, cela ne va pas s’arranger. Après quelques recherches, je propose à Jérôme de rejoindre la côte et plus particulièrement Whakatane, d’où il est possible de visiter White Island. Nous roulons jusqu’à la péninsule d’Ohope Beach.

Le camping fait des offres intéressantes, on en profite. Nous nous rendons à l’office du tourisme pour avoir des infos sur la visite de White Island, une seule compagnie la propose. Côté météo, notre seule fenêtre de tir est le lendemain. Pétard ! Adieu la grasse mat’! Ok, nous bookons avec l’office.

White Island

RDV à 8h30 à l’agence White Island Tours. Comme nous allons nous balader sur le sommet d’un volcan en activité, on nous fait lire et signer les précautions d’usage et consignes de sécurité : la compagnie se décharge de toute responsabilité en cas d’éruption. L’île étant très soufrée, il est préférable de laisser les bijoux en argent dans le van.

Une demi-heure plus tard, le bateau quitte le quai avec une quinzaine de passagers. Pendant le trajet, je tape la causette avec 3 jeunes français que j’ai reconnus pour les avoir rencontrés à Cap Reinga. Nous ferons aussi connaissance d’un autre Français et d’un Néo-Zélandais qui vit à Lyon depuis 22 ans.

Le bateau passe près de Wairaka – Lady on the Rock (d’après la légende, elle était la fille du chef maori Toroa. Les hommes partis sur leurs wakas se sont trouvés en péril lors d’une sortie en mer. Les voyant en difficulté, elle a décidé d’aller les secourir en empruntant un waka, alors qu’en principe les femmes ne sont pas autorisées à naviguer. Elle est devenue célèbre par cet acte héroïque).

Wairaka, Lady on the Rock

À un moment donné, un des skippers nous alerte sur la présence de dauphins Hector. Il doit y avoir à manger, car ils sont très nombreux autour du bateau et des fous de bassan les accompagnent. Moment magique que de les voir faire des cabrioles.

Ayez ! L’île est en vue. Déjà, ça envoie, avec sa forme volcanique très caractéristique et son énorme panache de fumée. Après 1h30 de traversée, nous accostons sur White Island. On nous équipe de casque et de masque à gaz. Les 2 skippers nous accompagnent, ils seront nos guides pour la découverte de l’île. La visite dure environ 2h.

Tout de suite, nous approchons des geysers qui envoient beaucoup de fumée. On nous distribue des bonbons à sucer pour saliver un max et éviter de trop tousser. Cela n’empêche pas le concert de toux. À ce moment-là, le masque s’avère utile. On a des sacrées dégaines avec notre attirail, mais il parait que le ridicule ne tue pas, alors…

Jérôme ne sait plus où donner de la tête avec toutes ces possibilités de photos. Le paysage offre un contraste saisissant avec toutes ces nuances de couleurs alliant l’ocre, le jaune, le vert, le gris etc. On sent que l’île est vivante, ça fume, ça fait du bruit, étonnant !

Le souffre accumulé a attiré les convoitises mais ouvrir une mine s’avéra compliqué. En 1914, une première exploitation commence néanmoins. 5 mois plus tard, une éruption détruit le site, épargne le chat mais tue les 10 mineurs présents. En 1930, des bâtiments sont construits et l’exploitation reprend pour se terminer 3 ans plus tard faute de rentabilité. L’île est rachetée en 1953 par le gouvernement et devient une réserve.

Nous passons au milieu des vestiges de l’usine. Les toits ont disparu, les bâtiments sont éventrés, envahis par le sable noir grossier déposé par les tempêtes. Nous voyons des treuils, une chaudière décapitée et une grosse ancre. Un arbuste, seul représentant végétal dans le cratère, pousse à l’abri de 3 pans de murs.

La visite est déjà terminée. Jérôme attend la dernière rotation pour regagner le bateau. Pour découvrir la totalité de l’île, il faudrait en faire le tour, il faudrait grimper au sommet de la muraille du cratère pour y trouver la plus belle vue possible, il faudrait rendre visites aux colonies de goélands, il faudrait, il faudrait… Mais là, le capitaine a dit « Faut rentrer ».

Le bateau fait un petit tour de l’île puis le capitaine s’approche des îlots alentours pour un petit coucou aux groupes d’otaries à fourrure qui se prélassent sur les rochers. Un des skippers siffle pour les appeler. Ça marche ! Les voilà qui réagissent et se rapprochent de nous.

Au retour, nous discutons à bâtons rompus avec les autres Français et le Néo-Zélandais qui vit en France. Il nous fait rire quand il nous dit qu’il s’est tellement habitué à la vie française, qu’il a du mal quand il revient dans son pays, où les cafés et brasserie ferment vers 15h. Il est vrai qu’après 16h, il n’y a pas grand chose d’ouvert. Les soirées d’hiver sont tristes dans certaines villes, même les plus touristiques.

À notre retour sur la terre ferme, nous continuons à discuter avec nos jeunes Français, Anaïs, Laurent son compagnon et Olivier, son frère. Nous discutons tellement de nos voyages et de nos impressions sur la Nouvelle-Zélande que nous décidons de dîner ensemble. Nous passerons un très agréable moment en leur compagnie.

Whakatane et Ohope Beach

Nous passerons au final 6 nuits à Ohope Beach en raison de la météo qui se dégrade au centre de l’île. D’ailleurs, nous avons droit à un fort coup de vent. Le van tangue méchamment.

Je suis en train de filmer le temps quand je vois des morceaux de tôles et de bois voler au-dessus du van. Et là, tétanisée, je vois une tornade traverser le camping. On a laissé le van et nous sommes allés nous réfugier dans la cuisine.

Un Néo-Zélandais nous dit, en évoquant la tornade : « Je ne savais pas quoi faire, alors je n’ai rien fait ! ». C’est une philosophie ! Heureusement, le mauvais temps est passé. Nous partons visiter le coin et nous balader le long de la plage. On en profite pour faire le plein de rhum et de vin rouge (Merlot).

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