Mont Fuji

Pictogrammes désignant le Mont Fuji
Pictogrammes désignant le Mont Fuji

Après 4 jours à Tokyo à faire un peu de gestion, nous obtenons la traduction du permis de Jérôme (aller au JAF à Tokyo -3000¥ – 2h d’attente environ avant obtention). Nous louons une petite voiture qui se rapproche plus de la voiturette en terme de moteur. Jérôme grincera des dents souvent, surtout sur les routes de montagnes.

Camping prés du Lac Kawaguchi

Nous prenons la route pour le Mont Fuji. L’idée est de dormir en camping. Déjà un doute : le GPS de la voiture dit 6h de route en évitant les péages, alors que Googlemaps nous annonce 3h30 avec les mêmes critères. En fait le GPS japonais avait raison. On vous expliquera plus tard les routes et autoroutes du Japon.

Il fait quasiment nuit quand nous arrivons enfin au camping (après être passés à un autre fermé) Kawaguchi-Mashi New Bridge Campground prés du Lac Kawaguchi. Le camping est déjà occupé par quelques familles ou groupes d’amis. Nous arrivons en plein barbecue. Ça sent la fumée et le grailloux. Nous comprendrons après avoir fait quelques campings que le BBQ est une véritable institution au Japon. Pas de BBQ électrique ou au gaz, uniquement au feu de bois. Les WE et jours fériés sont propices à la détente pour les Japonais qui prennent peu de vacances.

La nuit pour 2 s’élève à 2700¥ et la douche chaude 100¥ les 90 secondes. Pour le coup, pour éviter d’y laisser plusieurs yens et m’étant fait avoir (plus d’eau ni froide ni chaude alors que je ne suis pas rincée et pas de sous pour en ajouter dans la machine 😜), j’emmène une bouteille d’eau chaude prise au robinet des lavabos.

Camping de Kawaguchiko
Camping de Kawaguchiko

Tour des lacs au pied du Mont Fuji

Le lendemain, comme nous avons une voiture, nous décidons de faire un tour des lacs. Il fait chaud et le ciel est dégagé. Tant mieux ! Le Mont Fuji est visible et comme beaucoup de touristes, nous passerons notre journée à le mitrailler sous toutes les coutures. Je vous cache pas que j’étais bien émue de le voir enfin autrement qu’en photo magazine ou estampe.

Le coin est vraiment très joli avec ses petites routes qui longent les lacs, les plages, ces eaux d’une belle couleur bleutée, le tout entouré de forêt.

Arrêt au Lac Motosu pour pique-niquer. Il y a de nombreux pêcheurs supers équipés de pied en cap avec la petite étiquette accrochée à leur chapeau. Nous supposons qu’il s’agit du permis ou autorisation de pêcher. De nombreux vacanciers profitent du lac pour faire du paddle, de la voile ou canoë. La plupart d’entre eux sont avec leurs chiens. C’est autorisé sur ce site, d’après les panneaux. Nous profitons de ce moment de calme et de sérénité, loin du bruit et du stress des derniers jours à Tokyo. Ça nous fait beaucoup de bien de voir les montagnes et le ciel bleu.

Un drôle de bateau en forme de sous-marin tout jaune propose la traversée du lac aux touristes. Il me fait penser à la célèbre chanson des Beatles.

Pour finir cette belle journée, nous décidons d’aller manger un cheesecake. Jérôme avait déjà repéré la boutique 😜. Très bon, mais riquiqui la part de gâteau !

Le Mont Fuji (Fujisan)

Nous sommes lundi 9 juillet et nous nous préparons pour l’ascension du Mont Fuji. Quelques courses, remplissage des sacs à dos (eau, barres céréales, pique-nique, vêtements chauds).

Nous prenons nos tickets de bus. Départ à 17h. Nous ferons la connaissance de Christopher, un jeune américain originaire du Colorado. Il est arrivé en même temps que nous au Japon. Mais il a commencé par le sud. Il nous raconte qu’il s’est fait poursuivre par la tempête et les pluies torrentielles, mais il y a toujours échappé. Il a beaucoup aimé son séjour dans le sud (Kyoto particulièrement) où il a commencé à apprendre le japonais Il nous impressionne en traduisant quelques lignes à notre demande.

On peut gravir le Mont Fuji en partant de la plaine. Nous partons, comme beaucoup de randonneurs, de la 5éme station où les routes s’arrêtent et le chemin commence.

Arrivés vers 18h à la 5éme station, nous prenons des infos auprès du centre du parc. Pour le coup, nous aurons droit aux explications 2 fois. La 2éme fois, c’est un agent d’accueil qui parle le français. Ses explications sont moins précises que celles de sa collègue, mais on le sent très heureux de parler notre langue , alors, on le laisse continuer. Il tient à nous prévenir sur la difficulté de l’ascension qu’il ne faut surtout pas sous-estimer, en raison du mal des montagnes à cette altitude. Il nous annonce une durée de presque 8h de marche. Nous démarrons à environ 2300m alt., le sommet est à 3700m alt. Le chemin est jalonné de plusieurs « huttes » ou refuges et graduellement par 9 stations (listing). On peut y dormir (sur résa), y prendre un repas chaud (soupe miso ou noodles), y faire 1 arrêt pipi (toilettes payantes 200¥-prévoir la monnaie, c’est un système à péage comme au métro pour certaines d’entre elles).

Le début de l’ascension

Nous dînons d’un repas frugal. 19h30, il est temps de commencer notre marche. Nous passons d’abord verser notre obole (1000¥) auprès de l’association de préservation du site. Ce paiement n’est pas obligatoire mais les 2 personnes qui s’en occupent forcent gentiment (on est au Japon) la main. Nous repartons avec nos médaillons en bois, preuves de notre contribution.

Nos médaillons Fujisan 2018
Nos médaillons Fujisan 2018

La brume et la bruine sont bien présentes. Ça ne va pas être très sympa les 1éres heures. Un haut-parleur diffuse en boucle les recommandations de sécurité pour la montée.

Nous croiserons ou plutôt dépasserons de nombreux (ses) Japonais (es) plutôt âgé(e)s. Parfois nous craignons vraiment pour eux, mais ils s’accrochent. C’est un vrai chemin de foi de faire cette ascension pour le peuple japonais. On sent que cela les porte.

Nuit étoilée, une belle lune et Tokyo illuminée
Nuit étoilée, une belle lune et Tokyo illuminée

Nous serons nous-même dépassés par de jeunes gens, principalement des occidentaux. Nous nous arrêtons faire une pause à la 7éme station et grignoter une barre céréale. Le sentier alterne entre des gravillons/sables volcaniques glissants et des roches à gravir. Il y a quelques lignes de vie pour aider. Rien d’insurmontable, ce n’est pas technique, juste rendu plus difficile avec l’altitude. Les stations, ou huttes, s’enchaînent. On y sent des odeurs d’essence des groupes électrogènes et les odeurs des toilettes sèches.

Nous arrivons à la 8éme station à 3100m alt. Le froid commence à se faire sentir. Nous décidons d’attendre la 9éme station pour nous changer. La montée commence à être dure. La faim, la fatigue (nuit blanche), le froid et l’altitude n’aident pas. Mais nous aussi on a la foi et ce n’est pas notre premier 3000m.

L’arrivée ! enfin

Nous arrivons à ce qui est annoncé comme la 9éme station. En fait il n’y a quasi plus rien, juste le vestige des anciens bâtiments détruits. Nous nous changeons rapidement. Le temps est glacial. Il nous reste 200m à monter.

Nous passons devant des statues de lions et sous le portique marquant  l’entrée du sanctuaire. Yes! arrivés au sommet du Fujisan! Il est 1h30 du mat’. Il nous aura fallu 5h30. Il ne fait pas chaud et le lever du soleil est prévu à 4h26. L’attente va être coton….

J’en profite pour m’installer au mieux et piquer un roupillon, pendant que Jérôme prend des photos de cette belle nuit étoilée.

On prend un semblant de p’tit déj de ce que nous avons apporté. Jérôme va faire un tour et revient signalant qu’il est possible d’avoir un repas chaud offert….bon, en fait ça coûte 800¥ le bol en carton de noodles (en vallée, c’est 100¥). C’est comme les toilettes, c’est upgradé. On passe à 300¥. C’est pour la bonne cause, on participe à la protection du parc du Fujisan 😉

Le moment tant attendu approche. Une longue file indienne monte le sentier en lacet. Un serpent de loupiotes tous feux allumés ! Bientôt nous sommes plusieurs centaines de personnes au sommet à attendre.

Le serpent des lampes frontales ! ils arrivent en nombre pour le lever du soleil !
Le serpent des lampes frontales ! ils arrivent en nombre pour le lever du soleil !

Le lever de soleil

Par contre, nous attendions le lever du drapeau japonais et le chant de l’hymne national comme annoncé dans certains blogs….nous n’avons rien eu de tout ça.

Le soleil se lève….les conversations s’atténuent, le temps est suspendu… Moment magique et de partage! c’est magnifique. J’en suis toute émue 🤩

Le tour du cratère est ouvert. On aperçoit quelques névés sur les pentes intérieures du cratère : le Dainai-in. Les couleurs de la roche (jaune, rouge, ocre) et les strates sont du plus bel effet. Nous n’oublions pas que le Mont Fuji est un volcan en activité (dernière éruption en septembre 2014 – 60 morts). D’ailleurs la majorité des Japonais sont équipés d’un casque et d’un masque que l’on peut louer au centre du parc. 

La looongue descente

Le tour est fini. Il faut maintenant redescendre par un autre chemin, qui est large comme une autoroute, fait de sable et graviers volcaniques très glissants. Jérôme et moi surtout nous sommes retrouvés sur les fesses à quelques reprises. Heureusement ce n’est pas douloureux.

Au camping, il n’y a plus personne, sauf notre petite toile de tente….et des moustiques 🤨. Le lendemain sera jour de repos dans la tente. On l’a bien mérité 😉

Au retour on se fait un p’tit resto de tempura (sorte de beignets de légumes et fruits de mer, très léger). La chef parle quelques mots de français, son mari est belge !

Sanctuaire shinto Kitaguchi Hongu Fuji Sengen

Pour finir sur une note de douceur et de calme, nous sommes allés visiter le sanctuaire shinto prés de Fujiyoshida. Nous nous rendons compte que c’est au niveau de ce sanctuaire que commence le sentier Yoshida jusqu’en haut du Mont Fuji (10h environ). Il a longtemps été le 1er sentier pour l’ascension du Mont Fuji, à l’époque où Kyoto était la capitale du Japon.

Le sanctuaire est magnifique, l’endroit est calme, l’ambiance sereine. On se sent touché par l’aura mystique du lieu. S’y arrêter absolument si vous passez tout près.

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